Nutriments pour la terre

Guide d’introduction du projet Wildflower sur la VFG et chemins vers la guérison

Vingt questions et réponses destinées aux spécialistes des services de soins à la personne sur les expériences des femmes aînées par rapport à la violence fondée sur le genre (VFG)

Sur les chemins de la guérison : rendre hommage à la force et au processus de guérison des femmes aînées victimes de violence fondée sur le genre (VFG)

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Vérification des connaissances sur la VFG en 20 questions

Sensibilisation et connaissances de base sur le sujet

La réponse est

FALSE: Older women experience FAUX : Les femmes âgées subissent différents types de VFG et ce, dans une variété de contextes.kinds GBV and in a variety of contexts.

La VFG tout au long de la vie : de nombreuses aînées ont été victimes de violence fondée sur le genre tout au long de leur vie. Ces violences prennent différentes formes au fil du temps. Dans les relations intimes, la violence physique peut évoluer vers des violences plus psychologiques et un contrôle coercitif permanent, des gestes qui peuvent être plus difficiles à reconnaître mais qui sont tout aussi néfastes. 1

Les femmes aînées 2SLGBTQI+ et les personnes non binaires plus âgées sont exposées à des risques supplémentaires de VFG, tels que la discrimination dans les maisons d’hébergement, pour les soins de santé et les soins de longue durée, où leur identité de genre ou leur orientation sexuelle peuvent ne pas être reconnues, voire les exposer à de mauvais traitements les ciblant.2

Violence tardive : certaines femmes plus âgées sont confrontées pour la première fois à de la VFG à un âge avancé en raison de changements dans leur vie tels que la retraite, la détérioration de leur état de santé ou leurs responsabilités en matière de soins. La violence et les mauvais traitements peuvent provenir de leur partenaire intime, de leurs enfants adultes ou d’autres membres de leur famille.

Mauvais traitements par les aidants : les mauvais traitements infligés par les aidant.e.s, qu’il s’agisse de membres de la famille, de partenaires ou de spécialistes rémunérés, peuvent prendre la forme de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou financières, ainsi que de négligence (par exemple, le refus de prodiguer des soins ou d’administrer les médicaments nécessaires). À mesure qu’ils vieillissent, les hommes sont aussi plus vulnérables à ce type de maltraitance, ainsi qu’à l’exploitation et à la coercition financière.

Coercition financière et exploitation : la coercition financière, le vol, la contrainte à modifier des documents juridiques et la manipulation des avoirs sont des formes courantes de violence fondée sur le genre qui rendent les aînées vulnérables sur le plan économique, isolées et incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Ces actes de maltraitance peuvent être commis par un partenaire intime, des membres de la famille, des amis ou, dans les institutions, par le personnel.

Violence sexuelle et coercition : les femmes aînées sont victimes de violences sexuelles qui sont peu dénoncées en raison de la stigmatisation, de la honte et des mythes qui nient l’existence de la sexualité chez les femmes plus âgées.

Au-delà des frontières et des crises : dans les zones de conflit et les situations de crise, les aînées sont également exposées à des risques accrus de VFG, notamment le viol comme arme de guerre, la violence sexuelle, l’exploitation et la maltraitance. Ces risques sont aggravés par l’âgisme, les déplacements forcés, la rupture des réseaux sociaux et un accès limité à des mesures de protection ou à la justice. Les femmes aînées peuvent être particulièrement visées en raison de leur vulnérabilité apparente, de leur isolement et de leur manque de mobilité.

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1.  Les recherches indiquent que si la violence physique peut diminuer à mesure que les couples vieillissent, la violence psychologique et émotionnelle dans le contexte du contrôle coercitif peut persister, voire s'accentuer. Cette transition est souvent liée à l'évolution des rapports de force, aux problèmes de dépendance ou aux situations de prise en charge dans la vieillesse. Voir : The experience of intimate partner violence among older women: A narrative review - PubMed (nih.gov)

2.  Voir Egale : Bien vieillir et bien vivre pour les aîné.es LGBTQI au Canada : conclusions de l’enquête nationale (2023)

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La réponse est

FAUX : La VFG ne se limite pas aux actes de violence physique.

La violence émotionnelle, psychologique, verbale, financière et la maltraitance au moyen de la négligence sont toutes des formes de VFG qui s’inscrivent souvent dans un schéma de contrôle coercitif continu, un effort délibéré pour dominer, isoler ou éroder l’autonomie d’une personne. Elles peuvent être plus difficiles à reconnaître ou à dénoncer, surtout lorsqu’elles sont aggravées par l’âgisme, des problèmes de santé ou la dépendance à l’égard de la personne qui est à la source de ces préjudices.

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La réponse est

FAUX : Le vieillissement ne met pas fin à la violence entre partenaires intimes. 

Si la violence physique peut diminuer dans certaines relations violentes de longue date, la violence psychologique et verbale, le contrôle coercitif, l’exploitation financière et la négligence persistent souvent, ou même s’aggravent. Selon l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation, les femmes aînées continuent d’être exposées à un risque important de féminicide par leur partenaire intime.3 Ces gestes de violence sont souvent ignorés ou mal interprétés, ce qui contribue à l’invisibilité des personnes âgées victimes et survivantes. Les aînées 2SLGBTQI+ sont confrontées à une invisibilité accrue, car les recherches sur la VFG ne tiennent souvent pas compte de la manière dont l’hétéronormativité et la cisnormativité influencent l’accès aux services de soutien.

3.  Voir : Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation, #C'estunfémicide, (2020)

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La réponse est

FAUX : Les femmes aînées sont moins susceptibles de le faire, pour des raisons liées à un ensemble complexe de facteurs structurels, culturels et personnels.

Des générations de femmes ont été socialisées à une époque où la violence conjugale était considérée comme une question d’ordre privé ou une composante « normale » du mariage, ce qui les rend moins enclines à reconnaître ou à qualifier leurs expériences. Ces femmes peuvent ne pas révéler la violence dont elles sont victimes en raison de la honte, de la stigmatisation ou des normes générationnelles qui les découragent de parler d’affaires dites familiales. 

Beaucoup craignent de perdre leur logement, leur sécurité financière ou leur indépendance si elles quittent un partenaire violent ou signalent des violences commises par un aidant. Le fait d’avoir intériorisé le sentiment de culpabilité des victimes tout au long de leur vie peut amener les aînées à minimiser les expériences vécues. D’autres peuvent se méfier des systèmes d’aide officiels, en particulier celles qui ont subi des préjudices systémiques de la part des institutions publiques. Les personnes transgenres et non binaires âgées peuvent par exemple craindre d’être victimes d’erreurs sur leur genre, de se voir refuser des services ou d’être placées dans des logements dangereux lorsqu’elles demandent de l’aide.

Lorsque l’auteur des violences est un enfant adulte ou un petit-enfant, une aînée peut estimer qu’elle doit le protéger des autorités et du jugement des autres, en particulier dans les communautés qui ont longtemps subi les abus de pouvoir des autorités, reflétant ainsi des valeurs profondes liées à l’engagement familial, au sacrifice de soi et au sens de la responsabilité morale envers ses proches, même face à des préjudices personnels. Lorsque la réponse de la société aux comportements violents se limite à la criminalisation et à l’emprisonnement, sans possibilité de réintégration dans la communauté ou de guérison une fois que la personne est étiquetée comme un « agresseur », les mères, quel que soit leur âge, sont plus enclines à protéger leurs enfants.

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La réponse est

FAUX : Les « meurtres par compassion » sont souvent une forme de violence conjugale et des féminicides. 

Ces actes sont souvent perpétrés sans le consentement de la femme, sont d’une violence cruelle et reflètent une dynamique de contrôle, et non de compassion. L’Observatoire canadien du fémicide a recensé des cas où des hommes ont tué leur partenaire sous prétexte de prendre soin d’elle, mais ces meurtres trouvent leur origine dans le pouvoir, le sentiment d’avoir des droits et le mépris de l’autonomie et de la vie de la femme.

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Intersectionnalité et violence structurelle

La réponse est

VRAI : L’âgisme et le sexisme se recoupent et accroissent la vulnérabilité des femmes aînées face à la VFG.

À mesure que les femmes vieillissent, elles sont dévalorisées dans une société qui privilégie la jeunesse, la productivité et le potentiel reproductif. Cette dévalorisation rend leurs expériences de maltraitance plus faciles à ignorer, tant avec les relations personnelles que dans les institutions.

Le terme « femme âgée » peut être à la fois utile et préjudiciable. Il met en évidence un groupe souvent négligé dans la recherche, les politiques et les services. Il regroupe de plus plusieurs générations et identités diverses dans une seule catégorie statique. Par exemple, une femme au début de la soixantaine peut être confrontée à du harcèlement sur son lieu de travail ou à des pressions après un divorce, tandis qu’une femme de 80 ans peut être victime de violence de la part d’un aidant ou de négligence institutionnelle.

L’âge n’est pas une identité fixe, il est façonné par la situation sociale, l’expérience de vie et les systèmes de pouvoir. Une démarche tenant compte des traumatismes et de la violence doit prendre en compte toute la complexité du vieillissement et éviter des solutions uniformisées.

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La réponse est

VRAI : Il est essentiel pour comprendre la VFG à travers une perspective intersectionnelle.

L’intersectionnalité est un cadre qui nous aide à comprendre comment les aspects qui se recoupent de l’identité (tels que la race, l’appartenance à une nation autochtone, les capacités, le genre, la classe sociale, l’orientation sexuelle, la langue, le statut d’immigrant, l’éducation, la situation géographique) façonnent l’expérience de la violence d’une personne, son accès à de l’aide et la manière dont elle est traitée par le système.

Par exemple, une femme aînée vivant dans une zone rurale peut être confrontée à l’isolement géographique et au manque de services, tandis qu’une aînée racialisée vivant dans un centre urbain peut être victime de racisme et rencontrer des barrières linguistiques lorsqu’elle cherche de l’aide. La façon dont les autres la perçoivent, à travers le prisme de l’âgisme, du sexisme et d’autres formes de préjugés, influe également sur la reconnaissance ou le rejet de son vécu.

La capacité est un autre facteur important qui influence les expériences de VFG. Le capacitisme, tout au long de la vie, se manifeste dans la façon dont nous valorisons l’indépendance, dont nous concevons les systèmes et dont nous écoutons les autres. Lorsque le capacitisme croise l’âgisme et le sexisme, il ne façonne pas seulement la manière dont les aînées sont traitées, il révèle de même comment la société dévalorise l’interdépendance, néglige les modes de vie non normatifs et punit celles qui ne correspondent pas aux idéaux étroits de la force, de l’autonomie ou de la productivité.

L’intersectionnalité nous rappelle que la VFG est toujours une expérience unique et que les mesures correctives efficaces doivent reconnaître et refléter les réalités diverses de la vie des femmes âgées.

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La réponse est

FAUX : Il s’agit là d’un stéréotype nuisible qui occulte la réalité selon laquelle la VFG existe dans toutes les cultures et toutes les communautés.

La tolérance envers la VFG n’est inhérente à aucune culture. Elle trouve ses racines dans des structures patriarcales du pouvoir qui prennent différentes formes selon les contextes. La violence envers les femmes est un problème mondial.

Les cultures collectivistes (ou communautaristes) accordent une grande importance à la famille et à la communauté, ce qui peut créer des attitudes et des pressions différentes autour de la divulgation, mais cela ne signifie pas qu’elles acceptent davantage la violence que d’autres. Les communautés collectivistes ont de riches traditions de solidarité, de responsabilité et de refus de la violence.

L’hypothèse selon laquelle certaines cultures sont plus tolérantes à l’égard de la VFG renforce le racisme, la xénophobie et la logique coloniale tout en détournant l’attention de la manière dont la VFG est normalisée, de différentes manières, dans les sociétés occidentales, individualistes et blanches.

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La réponse est

VRAI : Les femmes aînées souffrant de troubles cognitifs sont exposées à un risque accru de VFG, en particulier dans les établissements où leur dépendance, leur autonomie limitée et leurs difficultés à communiquer peuvent être exploitées.

Les services sociaux doivent reconnaître et répondre aux vulnérabilités spécifiques des femmes aînées souffrant de troubles cognitifs ou neurologiques, notamment la démence, les troubles cognitifs légers (déficience cognitive légère ou DCL)), les lésions cérébrales acquises, les troubles du développement, la maladie de Parkinson et les séquelles d’un accident vasculaire cérébral. Ces troubles peuvent limiter la capacité d’une femme à reconnaître les gestes de maltraitance, à communiquer ses inquiétudes ou à demander de l’aide, ce qui la rend plus vulnérable à la négligence, à la coercition et à l’exploitation.

Les services sociaux doivent reconnaître et répondre aux vulnérabilités spécifiques des femmes âgées souffrant de troubles cognitifs ou neurologiques, notamment la démence, les troubles cognitifs légers (MCI), les lésions cérébrales acquises, les troubles du développement, la maladie de Parkinson et les séquelles d’un accident vasculaire cérébral. Ces troubles peuvent limiter la capacité d’une femme à reconnaître les abus, à communiquer ses préoccupations ou à demander de l’aide, ce qui la rend plus vulnérable à la négligence, à la coercition et à l’exploitation.

La maltraitance est souvent considérée comme de la confusion ou un « symptôme » d’un déclin cognitif. Les spécialistes de tous les secteurs doivent être formé.e.s pour reconnaître les signes non verbaux de violence et de coercition et pour éviter les suppositions nuisant à la crédibilité ou à l’autonomie. Dans certains cas, la personne maltraitante, y compris les membres de la famille ou le personnel, utilise ce déclin cognitif pour justifier des décisions médicales non voulues, restreindre l’accès aux ressources ou commettre de la malversation financière.

Trois signes non verbaux d’éventuels abus :

  • Changements soudains ou inexpliqués dans le comportement ou l’humeur
  • Évitement ou stress en présence de certaines personnes ou dans certains lieux
  • Signes physiques incompatibles avec l’explication fournie ou inexplicables

En l’absence d’une cause médicale claire, ces signes peuvent être des signaux d’alarme indiquant de mauvais traitements physiques, des manipulations brutales ou de la négligence.

Pour garantir la sécurité et la dignité de toutes, les mécanismes de signalement doivent être accessibles et inclusifs. Les alternatives aux lignes d’urgence traditionnelles, comme le soutien en personne, les outils visuels et les interventions communautaires, sont essentielles pour aider les victimes survivantes ayant des besoins de communication variés. La défense des droits, l’accessibilité et une approche tenant compte des traumatismes et de la violence sont essentielles pour protéger les droits des femmes aînées handicapées.

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La réponse est

VRAI : Le colonialisme et le racisme continuent d’exposer les femmes aînées à la VFG. 

Le colonialisme, le racisme et la VFG sont profondément liés, en particulier pour les femmes autochtones et les personnes bispirituelles, qui sont davantage victimes de violence, de pauvreté systémique et de séparation familiale imposée par l’État. Les femmes autochtones aînées peuvent être des victimes survivantes des pensionnats, de la Rafle des années 60 ou d’autres formes de violence étatique, ce qui les rend plus méfiantes à l’égard des institutions. 

Les femmes aînées racialisées sont souvent confrontées à des barrières linguistiques, à la discrimination économique et à des vulnérabilités liées à l’immigration qui augmentent leur risque de vivre de la VFG.

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Lacunes dans les services et réactions des professionnel.le.s

La réponse est

FAUX : La plupart des services reliés à la VFG ne peuvent pas répondre aux besoins spécifiques des aînées. 

Ils manquent souvent d’actions de sensibilisation adaptées à l’âge, d’aménagements accessibles et de personnel formé pour reconnaître ou réagir face à la VFG chez les personnes âgées. Les refuges peuvent ne pas être en mesure de prendre en charge les limitations de mobilité, les maladies chroniques ou un déclin cognitif. Cela crée des obstacles importants à l’accès aux soins et aux mesures de soutien.

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La réponse est

VRAI : Les préjugés liés à l’âge peuvent empêcher les spécialistes de reconnaître les cas de maltraitance.

Parmi les idées reçues, on trouve :

  • Supposer que les femmes âgées ne sont pas victimes de VFG
  • Confondre la coercition financière avec une dynamique familiale « normale »
  • Ignorer la violence sexuelle en raison de stéréotypes sur le vieillissement et le désir
  • Minimiser les formes d’abus non physiques (émotionnels, financiers, négligence)
  • Attribuer les signes de traumatisme à des conditions liées à l’âge, comme la démence
  • Croire que la VFG ne se produit que dans les relations hétérosexuelles, en ignorant les risques auxquels sont confrontées les personnes âgées 2SLGBTQI+.

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La réponse est

FAUX : Le travail de soins à la personne — qui est le plus souvent effectué par des femmes — est nettement sous-valorisé au Canada.

Les femmes aînées sont particulièrement touchées par les conséquences à long terme des soins non rémunérés ou sous-rémunérés. La dévalorisation systémique du travail des services de soins à la personne contribue à l’insécurité financière, à la dépendance et à une vulnérabilité accrue à la VFG, tant dans un cadre privé qu’étatique. Cette vulnérabilité économique n’est pas fortuite, elle résulte d’inégalités structurelles entre les sexes, notamment les écarts salariaux, les disparités en matière de rentes de retraite et l’exclusion des protections sociales. L’exploitation du travail de soins est une forme de violence structurelle et sexiste qui persiste tout au long de la vie.

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La réponse est

FAUX : Les aînées rencontrent généralement plus d’obstacles lorsqu’elles cherchent de l’aide.

Les services liés à la VFG se concentrent souvent sur les besoins des jeunes femmes ayant des enfants, ce qui fait que les femmes aînées se sentent invisibles ou déplacées. Les obstacles structurels comprennent l’inaccessibilité des refuges, des revenus limités, les écarts des rentes de retraite, le manque de logements abordables et les services qui ne tiennent pas compte des maladies chroniques ou de troubles cognitifs. De nombreux professionnels ne sont pas formés à reconnaître la VFG chez les aînées. Lorsque cette formation existe, elle n’adopte pas toujours une approche intersectionnelle. L’âgisme, le sexisme, le capacitisme et l’homophobie ou transphobie aggravent encore ces difficultés.

Les personnes aînées 2SLGBTQI+ peuvent ainsi éviter de recourir à des services par crainte de discrimination ou de revivre des traumatismes subis dans le passé dans des institutions.

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La réponse est

FAUX : La VFG se produit dans des établissements gouvernementaux comme les établissements de soins de longue durée et les hôpitaux.

Sans protections concrètes contre la VFG, la dépendance systémique et les déséquilibres de pouvoir peuvent en réalité accroître les risques. Les femmes aînées peuvent être victimes de négligence, de violence verbale, d’exploitation financière ou de violence physique et sexuelle de la part du personnel, des autres résidents ou des membres de leur famille. Elles peuvent perdre le contrôle de leur corps, de leurs décisions et de leur dignité. Trop souvent, les institutions créent des milieux de vie où les violences financières, psychologiques, sexuelles et physiques sont cachées ou normalisées. Les aînées peuvent être isolées de leurs proches de confiance, craindre des représailles si elles s’expriment ou être rejetées en raison de préjugés sexistes ou reliés à l’âge. Les mécanismes de contrôle privilégient souvent l’efficacité ou la responsabilisation plutôt que la sécurité relationnelle, créant ainsi des angles morts systémiques. Protéger ces personnes nécessite des mesures de sauvegarde intentionnelles, une responsabilisation et des pratiques tenant compte des traumatismes et de la violence qui peuvent remettre en question l’idée selon laquelle un placement en institution garantit la sécurité des aînées.

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Politiques, défense des droits et changements systémiques

La réponse est

VRAI : Les politiques du milieu du travail et les structures de retraite contribuent de façon marquée à la vulnérabilité financière des femmes aînées et par conséquent, à un risque accru de subir de la VFG.

Les femmes sont plus appelées à connaître la pauvreté à la retraite en raison de leurs revenus moins élevés au cours de leur vie, des soins non rémunérés qu’elles prodiguent et des disparités en matière de cotisations de retraite. Sans sécurité financière, beaucoup sont contraintes de rester dans des relations ou des conditions de vie dangereuses où elles subissent des violences.

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La réponse est

VRAI : Les politiques et les réformes juridiques peuvent améliorer la situation des femmes âgées.

Pour améliorer les solutions apportées face à la VFG envers les femmes âgées, il est nécessaire de mettre en place des réformes politiques et juridiques visant à combler les lacunes ponctuelles en matière de services et à lutter contre les iniquités structurelles plus générales les rendant vulnérables à la violence. Par exemple :

Inclusion expresse des femmes aînées dans les stratégies nationales de lutte contre la VFG : le document du gouvernement canadien intitulé Le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe (2022) ne reconnaît pas les femmes aînées comme un groupe prioritaire malgré leur vulnérabilité face à la violence. Les cadres politiques doivent inclure expressément les aînées dans le financement, la recherche et les modèles de services reliés à la VFG.

Renforcement des protections juridiques contre les malversations économiques : dans certaines juridictions, les lois et les politiques peuvent ne pas protéger suffisamment les aînées contre la VFG, en particulier lorsque celle-ci est commise par des membres de la famille autres que des partenaires intimes. De nombreuses femmes aînées restent dans des situations de violence en raison de leur dépendance financière, de l’insécurité de leur retraite ou du contrôle coercitif exercé sur leurs avoirs. Les réformes juridiques devraient reconnaître la violence économique comme une forme distincte de VFG, renforcer la protection des victimes et garantir un accès équitable à la retraite et à la sécurité sociale pour les femmes qui ont effectué des tâches d’aide non rémunérées toute leur vie.

Politiques de soins de longue durée et de santé tenant compte de la VFG : les établissements de soins de longue durée et le système de santé doivent intégrer des mesures d’identification, de prévention et d’intervention en matière de VFG afin de lutter contre la violence, la négligence et la maltraitance dont sont victimes les femmes aînées dans les établissements de l’État. Cela comprend la formation du personnel dans une perspective intersectionnelle, des mécanismes de plainte clairs et une surveillance visant à prévenir les mauvais traitements.

Politiques en matière de logement et d’hébergement adaptés à tous les âges : la majorité des maisons d’hébergement et des programmes de logement de transition sont conçus pour les jeunes victimes survivantes et ne tiennent pas compte des besoins des femmes plus âgées en matière de mobilité, de santé ou de besoins à plus long terme. Ces politiques doivent financer des solutions de logement adaptées à l’âge qui offrent sécurité, accessibilité et stabilité à long terme aux victimes survivantes plus âgées.

Protection sur les lieux du travail et rémunération équitable pour le personnel prodiguant des soins : plusieurs aînées occupent encore des emplois précaires dans le secteur des soins à la personne où elles sont souvent sous-payées, surchargées de travail et exposées au harcèlement ou à des violences dans leur milieu de travail et à des accidents du travail. Les politiques du domaine du travail doivent garantir une meilleure protection du personnel donnant des soins, l’équité salariale, la santé et la sécurité au travail et des prestations de retraite assurées afin de prévenir leur vulnérabilité économique et leur exploitation.

Réponses intégrées face à la VFG dans les services de santé, la justice et les services sociaux : les réponses actuelles à la maltraitance des aînées dépolitisent souvent la violence, la présentant comme un problème privé ou familial plutôt que comme un problème systémique relié au genre. Cette approche occulte les rapports de force et minimise les risques spécifiques auxquels sont confrontées les femmes aînées et les autres personnes âgées marginalisées.

Pour remédier à cette situation, les services chargés de la VFG et de la maltraitance des personnes âgées doivent être intégrés plus efficacement, avec une application cohérente d’une approche intersectionnelle et sexospécifique dans tous les secteurs. Cela implique notamment de former les professionnels de la santé et les intervenant.e.s de la justice et des services sociaux à reconnaître la dynamique de la VFG chez les personnes âgées, tous genres confondus, tout en comprenant comment l’âge, les capacités, l’origine ethnique, la sexualité et la classe sociale sont intersectionnels pour déterminer la vulnérabilité et l’accès à l’aide de ces personnes.

Financement de services communautaires adaptés à la culture : De nombreuses femmes aînées racialisées, autochtones, vivant à la campagne, 2SLGBTQI+ ainsi que celles vivant avec un handicap sont confrontées à des obstacles précis pour obtenir de l’aide en matière de VFG. Les changements des politiques doivent donner la priorité au financement de services locaux adaptés à la culture de chacune et gérés par la communauté. Ces changements devront refléter la diversité des réalités des personnes aînées victimes et survivantes.

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La réponse est

FAUX : La collaboration renforce et n’affaiblit surtout pas l’attention portée à la VFG.

Une approche communautaire globale est essentielle pour faire de la prévention. Les services de lutte contre la VFG ne doivent pas fonctionner en silo. Les femmes aînées victimes de violence peuvent dans un premier temps chercher de l’aide auprès d’autres services tels que les agences pour le logement, les services de santé, de soins aux personnes âgées, pour les personnes handicapées ou en santé mentale. L’intégration intersectorielle garantit que les signes de violence sont reconnus et traités quel que soit le service auquel la victime a recours, ce qui réduit la charge qui pèse sur les victimes survivantes qui doivent naviguer dans des systèmes fragmentés.

La violence fondée sur le genre et la maltraitance des personnes aînées ont été traditionnellement traitées comme deux questions distinctes, l’une étant abordée sous l’angle du genre et du pouvoir, l’autre sous celui de l’âge et de la vulnérabilité. Cette division laisse souvent les femmes aînées, en particulier les personnes 2SLGBTQI+, mal desservies ou invisibles. Pour combler ce fossé, il faut intégrer les soins tenant compte des traumatismes et de la violence (STCTV) dans toutes les solutions trouvées, veiller à ce que les services de lutte contre la VFG incluent les aînées et que les services de lutte contre la maltraitance des aînés reconnaissent les dynamiques de pouvoir et de coercition liées au genre des individus.

L’âgisme et le sexisme doivent être traités conjointement. Une formation adaptée et des services coordonnés renforcent la sécurité, l’autonomie et la stabilité à long terme des aînées victimes et survivantes.

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La réponse est

FAUX : La discrimination fondée sur l’âge est la forme de discrimination la plus tolérée socialement et elle est très probablement présente dans toute organisation qui n’a pas pris de mesures précises pour y remédier.

Pour lutter contre l’âgisme, il faut commencer par reconnaître et « désapprendre » les préjugés qui considèrent les femmes aînées comme invisibles, passives ou peu prioritaires dans le domaine de la lutte contre la VFG. Les directions des organisations peuvent examiner leurs politiques, leurs formations et leurs modèles de services afin d’évaluer où la discrimination fondée sur l’âge est présente, que ce soit intentionnellement ou non. Cela implique notamment de revoir les stratégies de sensibilisation, les outils d’identification et d’évaluation des cas, ainsi que les formulaires d’admission afin de s’assurer qu’ils reflètent la réalité des aînées. Les intervenant.e.s peuvent plaider en faveur d’allocations financières qui incluent les victimes âgées, promouvoir des approches intergénérationnelles de la prévention de la VFG et veiller à ce que la voix des femmes aînées soit prise en compte dans la prise de décisions. À un niveau plus général, remettre en cause les discours âgistes dans les services sociaux, les médias et les milieux politiques aidera à faire évoluer l’idée culturelle selon laquelle la VFG serait un enjeu qui touche uniquement les femmes plus jeunes.

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La réponse est

VRAI et FAUX : À première vue, les services existants pourraient soutenir les aînées, mais seulement si ces organisations transforment leurs structures, leurs pratiques et leurs hypothèses de travail. Sans ce changement, l’« inclusion » risque de n’être qu’une diversité de façade ou d’aboutir à leur effacement.

Les services existants peuvent aider les femmes aînées victimes de VFG, mais seulement s’ils sont délibérément restructurés. Le simple fait d’intégrer les aînées dans les modèles actuels risque de négliger les obstacles spécifiques à leur âge et de renforcer leur exclusion. Ces services doivent aller au-delà de l’« inclusion » pour évoluer vers des systèmes relationnels axés sur l’équité et conçus en fonction des réalités vécues par les femmes aînées. Cela signifie qu’il faut intégrer des pratiques adaptées, culturellement sécurisantes et tenant compte des traumatismes et de la violence dans la prestation quotidienne des services. Le Guide du projet Wildflower met en lumière le fait que le changement ne se produit pas seulement au niveau des politiques, mais aussi dans la manière dont les spécialistes écoutent, se mobilisent et créent un espace pour les expériences de vie des femmes aînées. Ce n’est qu’à travers une telle refonte intentionnelle que les services existants pourront véritablement répondre à leurs besoins.

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Le projet Wildflower du RCPMTA

Le RCPMTA renforce la sensibilisation, le soutien et les capacités pour une approche pancanadienne coordonnée en matière de prévention de la maltraitance et de la négligence envers les personnes ainées. Nous promouvons les droits des personnes aînées par le biais de la mobilisation des connaissances, la collaboration, la réforme des politiques et l’éducation.

Le projet Fleurs sauvages/ Wildflower est une initiative de cinq ans menée par le RCPMTA et guidée par un groupe de partenaires provenant de nombreux secteurs, notamment les refuges, les maisons de transition et d’hébergement temporaire, les services de lutte contre la violence faite aux femmes, la prévention de la maltraitance des personnes aînées et les services communautaires de soutien aux adultes âgés.

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