L’invisibilité des femmes âgées dans la recherche, le financement et les services liés à la VFG n’est pas fortuite. Elle découle d’attitudes et de croyances profondément ancrées qui dévalorisent l’existence, le travail, l’autonomie et la sécurité des femmes âgées.
La négligence systémique, la marginalisation économique et l’âgisme sont des expressions de la VFG affectant les femmes à mesure qu’elles vieillissent, renforçant et perpétuant de cette façon les inégalités entre les sexes.
C’est l’heure de rendre des comptes. Nous devons de toute urgence nous attaquer aux défis systémiques et aux visions du monde dominantes oppressives et fondamentalement inéquitables. La VFG n’est pas un problème personnel. La plupart des organisations prodiguant des soutiens et soins à la personne fonctionnent selon des modèles d’affaires et des valeurs qui continuent de subordonner et d’exploiter les femmes et l’économie des soins. L’efficacité prime sur les relations humaines, la concurrence sur la collaboration et la réponse aux crises sur les investissements dans la prévention. Les racines de cette violence sexiste restent cachées et ignorées jusqu’à ce qu’une crise dans des systèmes défaillants les expose au grand jour.
Le statu quo d’une rétroaction axée sur la gestion des crises ne peut pas suivre le rythme de l’augmentation des taux de violences sexistes. Le système des services de soins est soumis à de fortes pressions et il n’est plus viable. Tant que nous ne nous attaquerons pas aux causes profondes de l’inégalité entre les sexes, nous resterons prisonniers d’un cycle inadéquat, où les traumatismes se multiplient et se répercutent sur les générations, les communautés et les systèmes censés leur venir en aide.
L’innovation naît souvent à la base, sous l’impulsion de celles et ceux qui sont les plus touché.e.s par les traumatismes et la violence, mais aussi les plus éloigné.e.s des formes conventionnelles de pouvoir. Si les systèmes sont conçus pour préserver le statu quo, ils peuvent être remodelés grâce à la force cumulative de petites actions intentionnelles qui s’additionnent. Les gestes quotidiens de bienveillance, lorsqu’ils sont répétés et coordonnés, deviennent le fondement d’une transformation systémique. Reconnaître la VFG et l’âgisme comme des défis à l’échelle mondiale nécessite une refonte stratégique des services, axée sur l’équité, les relations humaines et les réalités vécues par les personnes les plus touchées.
C’est un acte de résistance que de mettre cette femme au centre, non pas comme une hypothétique cliente, une moyenne statistique ou une catégorie politique, mais la personne réelle qui se trouve devant vous. La logique de cette femme rompt avec les systèmes conçus pour la standardisation, l’efficacité et le contrôle. Cette logique ne demande pas « Comment l’intégrer dans le système? », mais plutôt « Comment le système doit-il changer pour répondre à ses besoins actuels? ». Cette question bouleverse et en fin de compte, remodèle les fondements de la conception, de la prestation et du maintien des soins à la personne.
Un bilan est difficile à dresser, mais il ouvre la voie à la réflexion, à la croissance et à la transformation. Le Guide et les outils du projet Wildflower proposent un changement délibéré, passant de structures rigides à des démarches relationnelles tenant compte des traumatismes et de la violence plaçant les femmes âgées au centre des solutions face à la VFG, ce en tant qu’actrices essentielles et non de second plan. Reconnaître les femmes âgées comme des clientèles diversifiées renforce les principes d’équité universelle qui peuvent s’étendre à toutes les communautés et à tous les enjeux de société. L’inclusion des femmes âgées n’est pas seulement un ajout, c’est un catalyseur pour un changement systémique et social plus large. Le cadre de travail du projet Wildflower s’inspire de « Réclamer notre pouvoir et notre place » et répond aux appels à la justice en affirmant que la transformation des systèmes coloniaux est à la fois nécessaire et urgente.
La vigueur des systèmes dépend seulement de notre volonté de les soutenir. L’exception devient la règle lorsque les choix quotidiens, chaque rencontre, chaque changement de politique, chaque geste discret de résistance contribuent à élargir les failles dans les fondations d’un statu quo inacceptable. Un véritable changement, ancré dans l’attention et l’action collective, peut alors prendre le dessus sur un système moribond. Le défi qui nous attend consiste à continuer à défricher ce terrain, jour après jour, pour y faire pousser des jardins entiers.

Le RCPMTA renforce la sensibilisation, le soutien et les capacités pour une approche pancanadienne coordonnée en matière de prévention de la maltraitance et de la négligence envers les personnes ainées. Nous promouvons les droits des personnes aînées par le biais de la mobilisation des connaissances, la collaboration, la réforme des politiques et l’éducation.
Le projet Fleurs sauvages/ Wildflower est une initiative de cinq ans menée par le RCPMTA et guidée par un groupe de partenaires provenant de nombreux secteurs, notamment les refuges, les maisons de transition et d’hébergement temporaire, les services de lutte contre la violence faite aux femmes, la prévention de la maltraitance des personnes aînées et les services communautaires de soutien aux adultes âgés.
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